J'avais décidé de le laisser de côté, lassé par son actualité. J'étais revenu de Syrie, apaisé ou presque. J'avais alors, il y a un an déjà, trouvé dans cet Orient compliqué, peu de solutions et
encore beaucoup de noeuds kafkaïens à dénouer.
Il faut croire que cet orient me hante, comme il a hanté beaucoup d'autres. Lamartine, Renan, Loti, Barrès, Corbin ou Nizan sont autant de noms célèbres qui rappellent au lecteur occidental que son
imaginaire oriental et ses représentations mythiques, sanctifiées n'ont été construits que par eux.
"Il n'y a pas d'orient, ni d'occident" disait Mahmoud DARWICH, le feu poète palestinien qui toute sa vie a épousé la cause et le combat pour la reconnaissance de la nation palestinienne. Edward
SAID, intellectuel américain d'origine palestinienne voyait en l'orientalisme, cet étude de l'orient comme objet, une pure construction métaphysique occidentale.
Alors peut-on objecter un orient et un occident? Cet orient dont tout le monde évoque les parfums, existe-t-il vraiment? ? a y réfléchir, tous les éléments nous amènent à repenser cette vision
partagée du monde, puisque nous n'en avons pas besoin. Le danger est peut-être de rationaliser ce qui ne peut pas l'être.
L'orient et ses parfums, tout comme l'occident et sa décadence sont des concepts initialement subjectifs, devenus des éléments à part entière d'une dynamique mondiale, théorisée. Si certains
pourraient être amenés à repenser l'orient, peut-être serait-il pertinent de le repenser dans un sens plus universel.
A ce moment même de l'écriture, je me demandais encore pourquoi j'écrivais ces quelques considérations sur l'orient et l'occident, et je me suis mis à repenser à cet orient, non sans émotion.
L'orient était devenu mon orient. Ces images appartiennent à mon patrimoine imaginaire, à mes représentations, mes interprétations, mes analyses.
Alors sans théorie scientifique sur l'orient, je vais tâcher dans ce blog de délivrer quelques analyses à chaud, à froid, qui pourront être discutées, sans être des théories universellement
admises.