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En cette fin d’année 2007, le Président SARKOZY a annoncé la rupture des relations syro-françaises concernant le Liban, aucun Président n’a été élu à Bkerké, la guerre fait rage en Irak, et la haine entre les Palestiniens et les Isréliens a fait encore 3 victimes dans la Bande de Gaza.
Pourtant cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit et je profite de ce début d’année pour le faire et coucher sur le papier quelques pensées en bataille également de fin d’année…
J’ai envie d’évoquer la tolérance, cette notion un peu vague, parfois fourre tout et utilisée à mauvais escient dans le sens contraire auquel elle aurait dû être utilisée, et qui reste pourtant l’une des valeurs fondamentales que l’on apprend à tous les petits occidentaux dans leurs écoles, les sensibilisant à l’appréhension de la démocratie.
Et pourtant, et pourtant, quels beaux discours de tolérance nous tenons en France en occident, jusqu’au moment, où le terrain nous rattrape, le terrain du voyage et de la découverte de l’autre.
Prenons le touriste normal, pas celui avec la chemise hawaïenne, les tongs, l’appareil photo autour du cou, mais celui qui a les beaux discours de tolérance, de démocratie, d’égalité, celui qui milite derrière SOS racisme et contres toutes les causes d’inégalité, et qui aime voir les indigènes, les autochtones comme lui. Ils les trouvent sympathiques ces locaux mais leurs traditions par contre, leurs coutumes, elles ne lui plaisent guère, surtout quand elles sont contraires à la culture d’où il vient. Peut-on appeler cela de la tolérance ? Je ne pense pas.
J’ai toujours été de ceux qui ont souhaité s’ouvrir aux autres, à l’autre, cet être qui n’a aucune forme, si ce n’est celle du pays que l’on voyage, incluant ses habitants, sa culture, ses mœurs. Pourtant des choses me choquent. J’ai du mal à ne pas utiliser mon référentiel occidental et mon esprit critique constant. Je suis de ceux qui parleront d’égalité, de liberté, de tolérance mais ne suis-je pas le simple produit d’une usine fabriquant en masse des robots, prononçant les mots « démocratie, tolérance, liberté » sans savoir véritablement pourquoi?
Il est très difficile de savoir où on en est : tolérant, intolérant, absent de toute critique. Les questions, une nouvelle fois, fusent plus vite qu’elles ne trouvent de réponse. Lorsque je vois des femmes voilées de la tête au pied dans la rue, j’ai du mal à tolérer cette abnégation, cette soumission incarnée, dont les hommes eux-mêmes se soustraient, moi l’occidental, qui joue les machos pour plaisanter… Suis-je intolérant ? L’esprit critique me pousse-t-il à être intolérant ? Doit-on s’empêcher de penser pour être tolérant et tout accepter?
Finalement en cette fin d’année, voilà les questions que je me pose et sur lesquelles depuis quinze jours je reste vainement bloqué.
Par ailleurs j’ai voyagé. Profitant d’une visite de la famille, nous avons réalisé un petit périple à travers la Syrie, de Damas à Alep, de Palmyre à Alep, avec ses paysages divers et ses visages variés.
Le voyage en Syrie pourrait tout à fait se faire en moto, sans casque avec une peau de mouton sur le réservoir et le siège, un kefieh bédouin sur la tete, une doudoune et à contresens sur l’autoroute.
La route syrienne c’est cet espace de vie que les autoroutes françaises et même les petites routes françaises n’ont pas. Ce sont ces espaces de sociabilité avec le vendeur de légumes de bord de route, le vendeur de peau de mouton, le chasseur de renard. Ce sont aussi ces petits vieux assis adossés à la façade de leur maison, buvant le thé et t’invitant spontanément à les rejoindre. Ce sont des femmes traversant avec leurs enfants, un petit bébé dans les bras, et un autre un peu plus vieux à la main se précipitant de l’autre côté de la rue dans une fissure de la rampe de sécurité bétonnée. La route syrienne ce sont aussi ces picks up suzuki, affublés de toutes les couleurs et de posters de Bachar d’un charme phénoménal, qui peuvent transporter aussi bien des olives, des moutons, que la famille, les amis, les cousins à l’arrière assis à même le coffre ou bien sur des chaises de jardin comme dans un salon mais un peu plus aéré et moins stable…
La route syrienne, c’est un petit morceau d’humanité sur des grandes lignes droites d’asphalte. C’est une leçon de pragmatisme
qu’ils nous lancent et sans arrogance et de manière modeste. On y découvre la vraie Syrie, la Syrie rurale, celle qui sort de Damas et de sa torpeur. Damas, une des plus vielles villes
du monde, Damas, la polluée, Damas la vivante, Damas, l’éternelle qui jour après jour, est détruite par de mauvaises considérations politiques. La Syrie c’est un peu un monde à part, un monde si
dur au premier abord, si passionné dans ses rapports aux gens, que l’on ne peut qu’aimer mais il faut apprendre à la connaître et à l’aimer.
Voilà bientôt 5 mois que je suis en Syrie et je peux en quelque sorte dire ce qui m’a bloqué dans beaucoup de mes rapports avec la
Syrie et sa culture, peut-être celles d’un étudiant un peu trop naïf, un peu trop occidental dans sa manière de penser, qui a jugé trop vite du fait de sa vie à Damas, de ses visites dans
d’autres pays du Moyen-orient différents et plus occidentaux (Liban et Jordanie), une Syrie victime, des Syriens qui ont pourtant le cœur sur la main
et qui sont toujours prêts à aider "l'autre". Une bonne leçon de tolérance c’est sûr, une bonne leçon des relations humaines c’est certain.
Sur ces quelques modestes considérations de mon voyage, je vous souhaite sincèrement à tous, une très bonne année 2008, qu’elle
vous apporte encore plus que 2007 et encore plus que 2006. En espérant avoir de vos nouvelles prochainement…
Allah ysalmak