| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Voilà, c'était décidé, d'un coup de tête comme ça, Inès nous lança: "hé, la Jordanie ça vous tente?"... Moi, quand je suis venu en Syrie, c'était aussi pour voir autour de la Syrie et je ne
gardais que de très bon souvenirs de ce pays... le désert, les bédouins, Petra, la mer morte, Aqaba, voilà les souvenirs qui se mélangeait dans mon esprit, mêlant un doux parfum d'orient et
de révolte, à l'image de l'icone occidentale moderne, T.E Lawrence..
Cette fois, pas de périple désertique, plutôt un road-trip à travers le Nord et le Centre de la Jordanie... des étendues légérement en relief sur le mythique route du Roi qui descend d'Amman,
jusqu'à Aqaba, en passant par Kerak et puis par Petra...
Petra... le ville nabatéenne, aujourd'hui, inhabitée, ou presque, entre les siq et les caprices des roches et des strates qui s'élevent et nous laisse petit... Lorsqu'on l'on rentre dans Petra,
on sent encore l'effervescence qu'a pu connaître cette ville à l'époque de son apogée, à partir du VIème siècle avant JC, au carrefour du commerce du Moyen-Orient...
Après une longue marche dans le couloir rocheux, entre les deux parois de la montagne, une lumière, rosée, orangée, au bout, un temple, un tombeau, le Kazeh, symbole de Petra, une nouvelle fois,
un sentiment s'élève en moi, celui d'une grandiosité, celui de l'emerveillement face à ce que l'homme a pu scuplter dans la roche il y a des siècles de cela, avec ses propres moyens, ce que
l'homme est capable de faire avec si peu de choses et uniquement avec son esprit et son corps...
Je m'assoies devant cette arche, connue de tout le monde, et inconnue à la fois, parce que personne ne saurait la situer en Jordanie, en plein Moyen-Orient, dans une région torturée, mais qui a
eu son époque de gloire au temps du Croissant fertile et des premières civilisations...
Ma marche continue, le soleil tape fort en ce mois d'octobre, je ne m'imagine même pas, comment la chaleur doit anihilier toute volonté en plein coeur de l'été... à la sortie du Kazeh et d'un
nouveau corridor rocheux, le désert... des piliers, comme l'on pourrait en aperçevoir dans n'importe quel site gréco-romain, un amphithéâtre, un massif montagneux en face, de nouveau... Ce
n'était qu'une clairière entre les montagnes...
En haut, un seul objectif, le temple, sculpté lui aussi dans la montagne et les dont les marches pour y accéder sont immuables et sont quasiment comme une création naturelle. L'homme arrive à
s'adapter dans la nature, à la sculpter, et à la respecter...
Tout le long du chemin qui nous mène en haut, des bédouins, des femmes bédouines, du hénné sur les pieds et sur les mains, des méches blondes qui s'échappent de leur voile noir, les
protégeant du soleil et se lient à leur teint brun. L'homme bédouin est allongé sur un tapis, directement posé sur la roche, il tente de dormir à l'ombre, les mains sous la tete et "en chien de
fusil"....
Sa femme surveille et agiche, pour vendre des babioles, des roches de Petra, des kefieh, des bracelets, des colliers... Cigarette à la main, elle pose telle les représentations de femme libre que
nous nous faisons en Occident. Un sentiment de contraste, et de satisfaction: un nouveau pont entre nos soi-disants deux civilisations qui se réunissent ici dans la fumée de cigarette d'une
femme bédouine.
La liberté du désert et de ses habitants, son silence, sa quiétude, malgré sa violence. Je suis enfin là-haut, je regarde du haut d'un peit poste rocheux, le désert, le Wadi Araba, le massif
restant de Petra, et je suis seul, seul, malgré les autres touristes qui prennent des photos et commentent la beauté du paysage, brisant son silence et sa sérennité...
J'entends comme une douce musique, celle d'un oud, celle de bédouins, qui jouent dans leur tente... le mariage de la musique et du paysage est parfaite parce que la musique, provient de la nature
elle-même, c'est elle qui a poussé ces hommes du désert a joué de cet instrument et c'est elle qui les a poussé à adapter à ses propres contraintes, le son de cet instrument...
Le soleil se couche sur Petra, il est temps de partir, sous un ciel coloré, légérement rosé et orangé... Bizarre, comme la couleur de la roche... Comme chaque visite, juste un mot, juste une
phrase, juste s'obliger à ne pas oublier dans le monde actuel que c'est la nature qui nous a crée et qui nous a poussé à nous adapter, et non pas le contraire...