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  • : Syriana.... HaHlan Wa SaHlan fi-l-Souriyaa !!!!
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  • : Entre l'Asie mineure, la pénisule arabique et la mer méditerranée, dans l'un des berceaux de notre civilisation, dans un tourbillon mêlant un passé riche et un présent problématique, un étudiant en stage pour six mois de voyages, de découvertes et de rencontres au coeur du Proche-Orient...
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Mercredi 17 octobre 2007

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Voilà, c'était décidé, d'un coup de tête comme ça, Inès nous lança: "hé, la Jordanie ça vous tente?"... Moi, quand je suis venu en Syrie, c'était aussi pour voir autour de la Syrie et je ne gardais que de très bon souvenirs de ce pays...  le désert, les bédouins, Petra, la mer morte, Aqaba, voilà les souvenirs qui se mélangeait dans mon esprit, mêlant un doux parfum d'orient et de révolte, à l'image de l'icone occidentale moderne, T.E Lawrence..

Cette fois, pas de périple désertique, plutôt un road-trip à travers le Nord et le Centre de la Jordanie... des étendues légérement en relief sur le mythique route du Roi qui descend d'Amman, jusqu'à Aqaba, en passant par Kerak et puis par Petra...

Petra... le ville nabatéenne, aujourd'hui, inhabitée, ou presque, entre les siq et les caprices des roches et des strates qui s'élevent et nous laisse petit... Lorsqu'on l'on rentre dans Petra, on sent encore l'effervescence qu'a pu connaître cette ville à l'époque de son apogée, à partir du VIème siècle avant JC, au carrefour du commerce du Moyen-Orient... 

Après une longue marche dans le couloir rocheux, entre les deux parois de la montagne, une lumière, rosée, orangée, au bout, un temple, un tombeau, le Kazeh, symbole de Petra, une nouvelle fois, un sentiment s'élève en moi, celui d'une grandiosité, celui de l'emerveillement face à ce que l'homme a pu scuplter dans la roche il y a des siècles de cela, avec ses propres moyens, ce que l'homme est capable de faire avec si peu de choses et uniquement avec son esprit et son corps... 

Je m'assoies devant cette arche, connue de tout le monde, et inconnue à la fois, parce que personne ne saurait la situer en Jordanie, en plein Moyen-Orient, dans une région torturée, mais qui a eu son époque de gloire au temps du Croissant fertile et des premières civilisations... 

Ma marche continue, le soleil tape fort en ce mois d'octobre, je ne m'imagine même pas, comment la chaleur doit anihilier toute volonté en plein coeur de l'été... à la sortie du Kazeh et d'un nouveau corridor rocheux, le désert... des piliers, comme l'on pourrait en aperçevoir dans n'importe quel site gréco-romain, un amphithéâtre, un massif montagneux en face, de nouveau... Ce n'était qu'une clairière entre les montagnes... 

En haut, un seul objectif, le temple, sculpté lui aussi dans la montagne et les dont les marches pour y accéder sont immuables et sont quasiment comme une création naturelle. L'homme arrive à s'adapter dans la nature, à la sculpter, et à la respecter... 

Tout le long du chemin qui nous mène en haut, des bédouins, des femmes bédouines, du hénné sur les pieds et sur les mains,  des méches blondes qui s'échappent de leur voile noir, les protégeant du soleil et se lient à leur teint brun. L'homme bédouin est allongé sur un tapis, directement posé sur la roche, il tente de dormir à l'ombre, les mains sous la tete et "en chien de fusil".... 

Sa femme surveille et agiche, pour vendre des babioles, des roches de Petra, des kefieh, des bracelets, des colliers... Cigarette à la main, elle pose telle les représentations de femme libre que nous nous faisons en Occident. Un sentiment de contraste, et de satisfaction: un nouveau pont entre nos soi-disants deux civilisations qui se réunissent ici dans la fumée de cigarette d'une femme bédouine. 

La liberté du désert et de ses habitants, son silence, sa quiétude, malgré sa violence. Je suis enfin là-haut, je regarde du haut d'un peit poste rocheux, le désert, le Wadi Araba, le massif restant de Petra, et je suis seul, seul, malgré les autres touristes qui prennent des photos et commentent la beauté du paysage, brisant son silence et sa sérennité... 

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J'entends comme une douce musique, celle d'un oud, celle de bédouins, qui jouent dans leur tente... le mariage de la musique et du paysage est parfaite parce que la musique, provient de la nature elle-même, c'est elle qui a poussé ces hommes du désert a joué de cet instrument et c'est elle qui les a poussé à adapter à ses propres contraintes, le son de cet instrument... 

Le soleil se couche sur Petra, il est temps de partir, sous un ciel coloré, légérement rosé et orangé... Bizarre, comme la couleur de la roche... Comme chaque visite, juste un mot, juste une phrase, juste s'obliger à ne pas oublier dans le monde actuel que c'est la nature qui nous a crée et qui nous a poussé à nous adapter, et non pas le contraire...

Par Samâan
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Commentaires

Tu as vraiment eu beaucoup de chance d'aller à Pétra, c'est mon rêve de visiter cette cité merveilleuse taillée dans la roche! Toi aussi tu dois expérimenter le "dépaysement quotidien" dans cette région du monde tellement différente de la nôtre, mais bon c'est ça qui est génial (et j'en connais plus d'un qui s'ennuient en Europe...) Vivement la suite de tes aventures moyen-orientales! Bisous
Commentaire n°1 posté par AnSo le 18/10/2007 à 12h28
Coucou de Séoul! Tu dis de "lacher" des commentaires pour avoir des nouvelles : bon bah voilà, ça c'est fait. Va faire un tour sur mon blog et tu en sauras plus! Je découvre le tien avec grand plaisir, ce que tu vis a l'air absolument fantastique. Je vais filer de suite l'adresse à Manu, qui va être aux anges! à bientôt!
Commentaire n°2 posté par Flavie le 28/10/2007 à 03h03
Je ne suis pas parvenu à faire le commentaire que je voulais sur ton article Al Joulan, qui me semblait pourtant super intéressant, qui faisait penser. Tant pis, j'y reviendrai peut-être. Celui-ci sur le site jordanien m'inspire plus simplement. C'est assez frappant de lire sous ta plume des réflexions un peu similaires à celles auxquelles se laissent aller tous ceux qui vont sur ces sites emblématiques où les traces architecturales qu'ont laissées les hommes interrogent le passant. Lalibella, Angkor, et autres lieux ; oubliés de la vie actuelle et pourtant mémoires de quelque chose qui nous dépasse et nous grandit..... par procuration. Commodes vestiges pour l'éveil de l'esprit. D'où vient effectivement cette émotion qui nous étreint quand nous allons y poser le regard ? Un penseur que je n'ai jamais ressenti comme proche disait il y a bien longtemps "Il est des lieux où souffle l'esprit". Oui, quelque chose souffle là-bas... mais quoi ? Est-ce vraiment l'esprit de l'âme ? ou celui du commerce de l'émerveillement ? Celui du questionnement sur soi ou celui de l'émotion complaisament facile ? Et pourquoi exprimer un tel doute ? Par médiocrité ou par désir d'être authentiquement juste dans le rapport à ce que d'autres ont bâti ? A chacun de trancher pour lui-même... en s'interrogeant en plus sur la vague gravité triste qui accompagne sa méditation. On s'émeut sans doute sur soi-même face aux marques du temps qui passe inexorablement, nous balayant au passage, autant que sur ces vestiges désertés. Finalement ces bâtiments morts quelque part ne nous placent-ils pas dans le même état d'esprit que celui qui nous habite à la mort d'un être proche ? Est-ce lui que nous pleurons ou nous-mêmes orphelin de son affection ? Eh eh ! ton voyage continue à nous faire méditer en commun et à distance.
Commentaire n°3 posté par Hermes le 18/11/2007 à 12h13
Une "merveille" superbement décrite, que je n'ai pas hésité à lire et à relire, assez envoûtante, c'est avec plaisir que je vous invite à poster ce récit chez nous :) Arthur
Commentaire n°4 posté par TRIVAGO-ArthurB le 22/03/2008 à 01h16

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