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Voila, après quelques semaines sans avoir rien écrit , je profite de cet article pour vous décrire cette fois-ci, ma viiste dans le Golan syrien et à la frontière israélienne, dans la région de
Quneytra.
Le Golan, dont le nom doit peut-être vous évoquer quelque chose est une région entre trois états, la Syrie, la Jordanie, et Israël ( surnommé Disneyland ici). C'est une région verte, avec
quelques forêts méditerranéennes, des vergers, un très grand réservoir d'eau (35% des réserves israéliennes en eau proviennent du Golan et principalement du Jourdain, ce fleuve qui prend
naissance sur ce plateau et s'éteint dans le Mer morte), de même le tiers de la production vinicole israélienne provient de cette région. Tout ça pour montrer que le Golan est avant
tout une région stratégique.
Passons désormais les détails géographiques, pour nous intéresser à son histoire. Plateau où des bergers druzes et alaouites faisaient pêtre leurs moutons, cette région fut identifiée par le
régime ottoman à l'époque de son empire, comme une région rebelle qu'il était nécessaire d'apaiser en faisant venir des communautés caucasiennes: les circassiens.
Ceux-ci, après l'empire ottoman et sous le mandat français émirent le volonté de créer un foyer national circassien à l'image du foyer national juif en Palestine... Ce foyer national fut refusé
par la France. Toutefois, après l'indépendance de la Syrie en 1946, après la création d'Israël et l'implantation des colonies, la Syrie occupa le plateau et alimentait la guerrilla contre les
colonies juives implantées dans les contreforts des vallées. de 1948 à 1967, la Syrie occupa dont ce territoire.
Cependant, sous pressions des nombreux fermiers de Galilée, Israël décida de conquérir le plateau aux syriens. Le combat fut bref et laissa une trace profonde dans l'égo national syrien comme la
guerre de 1967. En 1973, les Syriens, équipés par les soviétiques, décidèrent donc sous l'impulsion d'un nouveau dirigeant ambitieux, Hafez Al-Assad de reconquérir un territoire qui leur
appartenait jadis.
Après avoir conquis la majeure partie du Golan et laissant les troupes israéliennes en résistance acharnée, l'offensive s'estompa et les soldats de bases syriens, manquant d'initiative n'ont pu
aller plus loin que ce qui était prévu et la contre offensive israélienne se mit en place et avança jau Nord jusqu'à 40km environ de Damas... Heureusement, les troupes jordaniennes et irakiennes
intervinrent et stoppèrent la progression fulgurante israélienne...
Chacun revint donc à sa position d'avant 1973, et en 1981, Israël, malgré les condamnations de la communauté internationale et la résolution du Conseil de sécurité, occupé toujours une partie du
Golan syrien, de quoi alimenter un conflit depuis bientôt plus de 26 ans...
Alors vous me direz, pourquoi toute cette perspective historique, sortant totalement d'un carnet de voyage habituel, eh bien, tout simplement parce que il est important de comprendre que le
conflit israélo arabe ne recouvre pas seulement le conflit israélo palestinient mais notamment cette question qui concerne à la fois la Jordanie, Israël et la Syrie, qui du fait de la doctrine
baathiste (socialisme, nationalisme et panrabisme), se doit pour assurer sa légitimité de lutter contre toute intrusion extérieure et violation des droits du peuple syrien.
Bref, lors de cette visite, le plus saisissant fut à mes yeux cette frontière syro-israélienne, non pas au check point, mais sur un panorama d'un côté syrien de la montagne, où de l'autre côté,
du côté israélien, se trouvent un village syrien sous autorité israélienne. De cet endroit, les gens qui étaient séparés, se parlaient et criaient d'un côté de la montagne à l'autre pour prendre
des nouvelles de leur famille de l'autre côté. J'ai eu le même sentiment lors de la visite du Mur de Berlin mais je n'avais pas le même recul sur cette notion de frontière.
J m'explique, par là, j'entends toute séparation artificielle entre les hommes. Ce ne sont pas desfrontières géographiques mais purement politiques. Elles ne sont le résultat que de la pure
volonté des hommes, et des hommes en tant qu'individus, car l'intérêt de la frontière est de séparer, de créer une nouvelle dichotomie, permettant de rassembler d'un côté de la fronitère, pour ne
pas éparpiller le pouvoir, gardé entre les maisn d'une oligarchie. Dans l'absolu, la frontière n'est qu'un moyen de séparer les gens pour mieux les rassembler. Quel intérêt d'avoir telle ou telle
autorité sur ses épaules si on arrive à vivre ensemble?
La question qui peut être posée c'est surtout la tentative de comprendre pourquoi, le fait d'avoir chez l'être humain, quelqu'un sur son territoire l'entraîne à l'estimer comme un "autre" et
l'amène à se créer un "nous". je reviens donc à la même question dont j'espère trouver la réponse: quel intérêt d'avoir une identité qui se contruit face aux autres?
Je me pose en même temps la question en évoquant le conflit israélo-palestinien. Pourquoi ne pas avoir dès le début évoqué l'idée d'un état commun, avec des élus démocrratiquement arabes et juifs
et ne pas avoir cherché cette solution qui n'aurait pas forcément eu les mêmes conséquences...
Le cas libanais d'une république multiconfessionnelle n'infirme en rien mon raisonnement, car on aperçoit de graves problèmes multiconfessionnels dans la désignation d'un président chrétien, d'un
chef de gouver,ement sunnite et d'un président de parlement chiite. Quel besoin avons-nous de séparer les gens et de créer des cases où nous les metterions, les catégorisant et aboutissant non
plus à la recherche de compromis mais à des luttes perpétuelles?
Le village de Majd El Chams, village syrien en territoire israélien où la communication se faisait au son de la voix pour l'aure côté de la vallée. Il est souvent le lieu de protestation des Syriens contre l'occupation du Golan.