"Syriana" ou le blog d'un étudiant occidental au Moyen-Orient, cherchant à sa manière à créer des ponts entre des civilisations en proie à de soi-disantes
luttes perpétuelles...
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De droite à gauche: Saad HARIRI, fils du défunt et un des leaders de la Majorité du 14 Février, Hassan NASRALLAH, Leader du Hezbollah et Michel SLEIMANE, candidat unique et
consensuel à la Présidence.
Une situation préoccupante. Voilà ce que les journaux occidentaux et moyen-orientaux, titrent depuis bientôt trois mois, sans que la situation au Liban n’ait changé, sans que le candidat Michel
SLEIMANE, actuellement Chef des armées libanaises sur lequel tout le monde semble d’accord de manière consensuelle, ne soit élu à la tête de la Présidence de la République
libanaise.
Vendredi dernier, un douzième report a été annoncé, coûtant au Liban, une nouvelle fois, une crise institutionnelle inédite, depuis les accords de Taëf de 1989, régissant l’application générale de l’actuelle constitution libanaise sur un mode communautariste, offrant aux chrétiens, le poste de Président de la République, aux sunnites, le poste de chef du gouvernement et aux chiites le poste de Président du parlement, selon des quotas précis et quasiment désuets au regard de l’évolution de la démographie libanaise.
A croire l’opposition, c’est l’équipe au pouvoir qui servant les intérêts des Américains et d’Israël, entrave l’élection de Michel SLEIMANE mais à croire l’équipe au pouvoir c’est l’opposition et ses alliés syriens, iraniens, qui sèment le trouble et la terreur parmi les rangs des parlementaires chargés d’élire un nouveau locataire au Palais de Bkerké.
La situation est donc quasiment bloquée, d’autant que les menaces d’en découdre avec les armes se font de plus en plus pressantes et notamment de la part de l’opposition, dont le mouvement de résistance Hezbollah, qui s’était déjà illustré lors de la guerre de Juillet 2006 en provoquant un conflit, en est une composante essentielle. Chaque camp s’arme tandis que le vide institutionnel s’instaure.
Le Liban reste donc dans l’impasse d’une nouvelle crise, donnant l’impression d’être entré dans un manège qui ne peut le guider que vers le renforcement des positions, l’intransigeance, la lutte armée, la destruction, le chaos.
Malgré toutes les initiatives entreprises par différents pays tels que la France, la Syrie, les Etats-Unis, ou encore récemment par la Ligue arabe, condamnant l’ingérence étrangère mais s’introduisant dans ces affaires, la situation ne peut être que paradoxale, à l’image d’un pays qui gère ses communautés de manière paradoxale. Un pays, qui sans réel pouvoir politique et influence, perd en crédibilité, laissant se développer les quelques groupes armés, qui déjà dans le passé avaient enflammé et détruit Beyrouth a coup de mortiers, de mines et de fusillades répétées.
Or, malgré les quelques institutions restantes dans ce pays qui malgré les quelques sentiments nationaux qui peuvent s’exprimer, donnent l’impression d’un voile cachant les divergences des particularismes religieux, l’état est partout et nulle part à la fois. Il n’a aucune force et reste affaiblit, soumis aux aléas des forces politiques libanaises divisées et aux ingérences étrangères dont les agents de renseignement sont nombreux et notamment à Beyrouth.
Seule l’armée, guidée par Michel SLEIMANE depuis la victoire contre les islamistes du camp palestinien de Nahr Al Bared aurait pu réunir le Liban, créer son unité et sauver un des seuls pays arabes démocratiques. Ce ne pourrait être qu’autour de l’armée, que l’unité libanaise aurait pu se créer, et que les ingérences étrangères auraient disparu, préservant la souveraineté et l’indépendance du Liban. Or le dernier attentat de décembre dernier contre celui qui aurait dû être le successeur du général SLEIMANE, François AL HAJJ, a montré cette fois, que même l’armée n’était pas à l’abri de toute attaque.
Néanmoins, qui a intérêt à ce Liban indépendant ? Les forces politiques libanaises ne sont que des pantins des puissances étrangères, sans réelle indépendance d’esprit. Sans indépendance d’esprit, comment peut-on être indépendant?
De même parmi les états préoccupés par la situation libanaise, qui a intérêt à ce que le Liban soit souverain? La Syrie qui estime que le Liban n’est juste qu’une continuité de son propre territoire et de sa Grande Syrie ? Les Etats-Unis qui ne rêvent que d’avoir un accès méditerranéen à leur projet de Grand Moyen Orient ?
L’Iran dont les velléités ne sont qu’une extension de sa propre influence religieuse chiite à travers le Hezbollah, et qui a intérêt à ce qu’un conflit armé éclate, pour mettre en exergue les quelques résistants armés et puissants d’un mouvement qui se dit national mais qui n’est qu’un mouvement communautariste ? ou encore la France, qui malgré toutes ses bonnes intentions sur le Liban ne pense qu’à préserver quelques bastions de la francophonie, de son passé de mandataire au Liban et de sa politique arabe au Moyen-orient, qui s’est quelque peu rigidifiée depuis l’accès au pouvoir de Nicolas SARKOZY.
On pourrait penser aussi à tous les pays arabes de la Ligue arabe. Ont-ils réellement intérêt à une indépendance du Liban ? L’Arabie Saoudite, dont les rivalités avec la Syrie sont apparentes et qui voit dans ce petit pays un moyen d’étendre son influence, de protéger la communauté sunnite dont elle se targue d’être la voix directe et la représentante étatique ?
Quelle naïveté de croire que les états veulent le bien du Liban, puisque c’est contraire à leurs propres intérêts. Le Liban n’est que la victime de l’hypocrisie de la politique internationale, d’ailleurs n’est-ce pas un pléonasme ?
Chaque pays en agissant dans son propre intérêt ne peut qu’aboutir à des alliances, des rivalités, des jalousies. Actuellement, chaque pays, chacun apportant leur petite contribution, font du Liban, une plateforme idéale pour un choc des civilisations, tant redouté. L’époque de la guerre d’invasion formelle que l’on voyait avant la guerre froide n’existe plus. Tout est réglementé. Il est difficile de se battre de manière directe avec un autre état du fait de la médiatisation, de l’immédiateté de l’information, des tractations, des démarches, des intérêts économiques, bloquant les conflits directs d’état à état et laissant place à des conflits opposant des mouvements de résistance contre des états (par exemple le Hezbollah contre Israël).
La guerre froide n’est pas finie, elle n’était qu’une prémisse. Ce qui se passe au Liban, n’est qu’une nouvelle guerre froide, une guerre d’espionnage, de clauses secrètes, d’asymétrie d’information, une guerre médiatique. Or ce qui change avec le Liban, exemple parfait de ce qu’est aujourd’hui la « guerre tiède », ce mouvement de déconstruction des états, plus que de réunion des états, avec l’apparition de mouvements de résistance, de sécession, ce sont les alliances se font sur un régime communautariste, par affinités religieuses ou presque. La Syrie, exemple parfait d’une communauté alaouite possédant le pouvoir et dont l’origine spirituelle se rapproche des chiites représentés par l’Iran n’est qu’à l’image de cette nouvelle évolution.
Le Liban n’est qu’un terrain de jeu de charlatans désenchantés, qui face à une mondialisation montante, négligeant de plus en plus les concepts de nationalités et d’état-nation, se rassemblent autour de notions plus globalisantes telles que la religion et la définition de soi et des autres sur la recherche des caractéristiques d’un Dieu, dont l’existence n’est pas rationnelle. Aujourd’hui ce mélange d’intérêts politiques rationnels ( en fonction de ses intérêts) et passionnels (sur des fondements spirituels) est la principale cause de la prégnance d’un conflit, de massacres de population, de sectarisation et de l’installation de ghettos renforçant les identités, et la haine passionnelle de cet autre, qui n’a pas la même religion. Une lutte sans fin peut être mise en perspective et l’aboutissement ne peut qu’être catastrophique.
Aujourd’hui, le Liban est l’épicentre des plaques tectoniques, d’une guerre de civilisations, qui s’exprime. Ce que l’Occident devrait comprendre c’est que cette guerre de civilisation, attisée par lui, ne pourra que rejoindre le chaos et aura des répercussions non pas seulement au Moyen-Orient, mais également dans d’autres foyers de tensions politiques, voire même à l’intérieur de lui-même.
De nombreuses questions se posent quant aux divertissements qui peuvent exister dans un pays tel que la Syrie, si ces divertissements sont les mêmes qu’en Occident ou pas et s’ils sont nombreux… Or ce n’est pas que les divertissements occidentaux traditionnels soient interdits en Syrie, car il existe des bars, des boîtes de nuit, mais en réalité, il faut intégrer parfois le communautarisme urbain, distinguer les quartiers chrétiens, proches de nos quartiers, avec des loisirs de nuits, proches des nôtres et les quartiers à majorité musulmane, où d’autres formes de divertissement existent.
Parmi eux il y en a surtout un qui se développe partout en Syrie : c’est les vendeurs de jus de fruits et de milk-shakes. Je vois déjà les rires goguenards de certains de mes lecteurs, qui m’imagineraient avec un milk-shake et une paille à la main, refaisant le monde. En réalité, c’est à peu près ça.
A boire dans de grandes choppes, tandis que nous, nous mettrions un liquide un peu plus alcoolisé comme de la bière par exemple, les Syriens y mettent du lait, des fruits, surtout de la banane en réalité et se réunissent entre amis, en famille soient dehors dans les rues sur des terrasses improvisées, soit à l’intérieur, si un espace est aménagé ou encore soit dans leur voiture quand ils en possèdent une.
Ainsi, nombreux sont les Syriens, de toutes catégories sociales confondues, qui chaque soir se déplacent buvant leur jus, leur milk-shake, ou bien leur glace. Bref, un vrai lieu de sociabilité, comme les bars pour nous, qui sont même l’objet de rencontres peu communes.
Utilisant leurs portables et la nouvelle technologie bluetooth, il est en effet désormais possible pour un jeune Syrien, en mal d’indépendance du fait de la chape de plomb familiale, de se raccrocher des stigmates de la vie occidentale, celle des séries à la télévision, celles du cinéma, celle de la génération « teenagers ». Repérant une série de noms, de surnoms sur son écran de portable, qui viennent tous des alentours, le jeune Syrien, en profite pour repérer qui est qui dans une sorte de remake de jeu du « chat et de la souris », qui n’est tout compte fait que le seul moyen de rencontrer d’autres semblables.
Bref, les vendeurs de jus sont l’occasion pour ces jeunes Syriens de connaître et de rencontrer d’autres jeunes, en évitant la surveillance stricte et rigoureuse des parents, lorsqu’ils possèdent un ordinateur familial ou un téléphone fixe. Le plus intéressant est de se poster et d’observer ces jeunes réaliser leur petite parade. Ils ont en général entre 18 et 35 ans, pour ceux qui vivent encore chez maman et ils sont nombreux en Syrie, du fait d’un passage à l’âge adulte soudain, marqué par un mariage sans connaître l’adolescence et l’apprentissage de leur identité.
Le phénomène prend tellement d’ampleur et a tellement de succès que de nombreuses boutiques pignon sur rue, en profitent pour délivrer de savoureuses mixtures pleines de vitamines à des jeunes en pleine croissance. Chaque rue, ou pour ainsi dire, chaque quartier de quatre immeubles a son vendeur de jus. Se nommant « Abou Shaker » ou « Abou Abdou », on pourrait au moins comparer les noms à nos buvettes et nos guinguettes « chez Michel », « chez Robert » mais en leur attachant un petit parfum de modernité et de mode avec la « Syrian touch ».
Rêve des parents en Occident, si on leur disait que cela existe, ces jus de fruits et milk-shakes marquent donc fondamentalement une alternative et surtout une évolution dans la société syrienne : celle d’un nouveau réseau de sociabilité que s’approprient de plus en plus de jeunes, souhaitant sortir eux-mêmes du cocon familial avant le mariage et souhaitant se responsabiliser, en faisant d’autres rencontres hors de l’environnement familial et de l’entourage proche, des réseaux de sociabilité traditionnels (école, quartier).
Ils viennent de toutes parts : réfugiés irakiens, palestiniens, de la banlieue Nord et Sud de Damas, ils sont là durant une
matinée entière, vendant leur misère tous les vendredis matins, sur le bord de l’autoroute de l’aéroport.
Ce marché est surnommé par beaucoup comme « le marché aux voleurs». Une démonstration grandeur nature de ce que pourrait recouvrir le terme « bricolage », « recyclage », « économie informelle » dans un pays tel que la Syrie marquée par une alchimie de plus en plus délicate entre un mode consumériste à l’occidentale et l’existence de structures traditionnelles de consommation.
Sur le chemin, entre les nuées de badauds, d’acheteurs et de vendeurs, un berger en pleine ville, nous vend des moutons. Allongé sur une banquette, c’est sont fils de 6 ans qui fait paître les bêtes sur le bord de la route avec un peu de paille et de l’eau croupie dans un bidon éventré.
Des vendeurs de quincaillerie suivent. Ils vendent de tout : des cafetières, des vélos défoncés, des écrans d’ordinateur sans écran, des poêles à mazout, des chaînes à vélo rouillées, des moteurs de voiture…. Des dizaines, des centaines de familles sont là essayant de voir ce qu’elles pourraient bien récupérer et utiliser.
Sur le chemin, on peut apercevoir un vendeur de poisson dans un petit pick-up Suzuki entre les vendeurs d’huiles de moteur et de quincaillerie… Quand on connaît les distances entre la mer et Damas, on peut parfois douter du mode de réfrigération du poisson et de sa fraîcheur. Mais ce n’est pas un problème, avec le froid ambiant du mois de janvier à Damas, ça les conserve en un peu près bon état ou presque…
En réalité, le plus intéressant dans ce marché reste cette économie informelle que l’on voit transparaître clairement. Incalculable ou presque dans l’économie d’un pays tel que la Syrie, qui détient le record de la plus faible productivité du Moyen-Orient, et dont le salaire moyen par mois pour un salarié est de 120 euro, on comprend mieux comment les Syriens arrivent à se débrouiller pour survivre dans une économie touchée par 7% d’inflation.
De même, des réseaux de sociabilité incarnés par les marchés et qui mêlent toutes sortes de personnes peuvent être observés. Les contacts vendeur/clients, oubliés en quelque sorte dans nos sociétés d’hyperconsommation, les achats d’opportunisme, c'est-à-dire les achats que l’on peut réaliser sans savoir si la chose sera présente ou pas lors de la vente, autant de concepts qu’un simple « marché aux voleurs » peut apporter pour permettre de comprendre et appréhender la notion d’économie informelle, à la base de toute économie du développement.
Toutefois, ce n’est pas les seules observations qui peuvent être émises : de l’autre côté de la route, les meubles, avec de vieux canapés éventrés ou pleins d’humidité, restent aux vents et aux intempéries, même si parfois rares, de Damas. Leurs vendeurs au départ ne vendaient que le vendredi mais le coût de déplacement des meubles était trop important et ils ont décidé de s’implanter avec plusieurs, comme « concessionnaires » sur le bord de l’autoroute. Construits à partir de tôles et de planches, leurs magasins, disons leur caisse, parce que toute la marchandise est dehors, bordent les routes et font désormais partie du paysage.
En réalité, ce « marché aux voleurs » du fait de son succès et de l’installation de vendeurs sur la quatre voies est de plus en plus en train de s’institutionnaliser pour aboutir à un réseau beaucoup plus formel, comme celui d’un souq. Le marché informel, victime de son succès et le temps de la concurrence pure et parfaite pouvant être le mieux incarnée par ces marchés, ne durent qu’un temps. Aujourd’hui, comme hier, l’économie informelle se formalise ou tente de le faire.
Deux choix s’offrent à elle, dans cette institutionnalisation ou formalisation : soit elle s’institutionnalise dans la légalité, participant à l’économie générale du pays, soit elle s’institutionnalise dans l’illégalité, créant une sorte de réseau informel formalisé mais dans cette dernière option, l’état doit intervenir et subvenir aux besoins de ces citoyens les moins favorisés, afin que la tentation de l’illégalité ne devienne qu’un choix irrationnel et marginal. Difficile choix pour un état en développement que celui du développement, surtout quand une dépendance existe envers les marchés mondiaux et envers les grandes puissances, seuls atouts maîtres d’une économie qui leur est déjà largement favorable.
En cette fin d’année 2007, le Président SARKOZY a annoncé la rupture des relations syro-françaises concernant le Liban, aucun Président n’a été élu à Bkerké, la guerre fait rage en Irak, et la haine entre les Palestiniens et les Isréliens a fait encore 3 victimes dans la Bande de Gaza.
Pourtant cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit et je profite de ce début d’année pour le faire et coucher sur le papier quelques pensées en bataille également de fin d’année…
J’ai envie d’évoquer la tolérance, cette notion un peu vague, parfois fourre tout et utilisée à mauvais escient dans le sens contraire auquel elle aurait dû être utilisée, et qui reste pourtant l’une des valeurs fondamentales que l’on apprend à tous les petits occidentaux dans leurs écoles, les sensibilisant à l’appréhension de la démocratie.
Et pourtant, et pourtant, quels beaux discours de tolérance nous tenons en France en occident, jusqu’au moment, où le terrain nous rattrape, le terrain du voyage et de la découverte de l’autre.
Prenons le touriste normal, pas celui avec la chemise hawaïenne, les tongs, l’appareil photo autour du cou, mais celui qui a les beaux discours de tolérance, de démocratie, d’égalité, celui qui milite derrière SOS racisme et contres toutes les causes d’inégalité, et qui aime voir les indigènes, les autochtones comme lui. Ils les trouvent sympathiques ces locaux mais leurs traditions par contre, leurs coutumes, elles ne lui plaisent guère, surtout quand elles sont contraires à la culture d’où il vient. Peut-on appeler cela de la tolérance ? Je ne pense pas.
J’ai toujours été de ceux qui ont souhaité s’ouvrir aux autres, à l’autre, cet être qui n’a aucune forme, si ce n’est celle du pays que l’on voyage, incluant ses habitants, sa culture, ses mœurs. Pourtant des choses me choquent. J’ai du mal à ne pas utiliser mon référentiel occidental et mon esprit critique constant. Je suis de ceux qui parleront d’égalité, de liberté, de tolérance mais ne suis-je pas le simple produit d’une usine fabriquant en masse des robots, prononçant les mots « démocratie, tolérance, liberté » sans savoir véritablement pourquoi?
Il est très difficile de savoir où on en est : tolérant, intolérant, absent de toute critique. Les questions, une nouvelle fois, fusent plus vite qu’elles ne trouvent de réponse. Lorsque je vois des femmes voilées de la tête au pied dans la rue, j’ai du mal à tolérer cette abnégation, cette soumission incarnée, dont les hommes eux-mêmes se soustraient, moi l’occidental, qui joue les machos pour plaisanter… Suis-je intolérant ? L’esprit critique me pousse-t-il à être intolérant ? Doit-on s’empêcher de penser pour être tolérant et tout accepter?
Finalement en cette fin d’année, voilà les questions que je me pose et sur lesquelles depuis quinze jours je reste vainement bloqué.
Par ailleurs j’ai voyagé. Profitant d’une visite de la famille, nous avons réalisé un petit périple à travers la Syrie, de Damas à Alep, de Palmyre à Alep, avec ses paysages divers et ses visages variés.
Le voyage en Syrie pourrait tout à fait se faire en moto, sans casque avec une peau de mouton sur le réservoir et le siège, un kefieh bédouin sur la tete, une doudoune et à contresens sur l’autoroute.
La route syrienne c’est cet espace de vie que les autoroutes françaises et même les petites routes françaises n’ont pas. Ce sont ces espaces de sociabilité avec le vendeur de légumes de bord de route, le vendeur de peau de mouton, le chasseur de renard. Ce sont aussi ces petits vieux assis adossés à la façade de leur maison, buvant le thé et t’invitant spontanément à les rejoindre. Ce sont des femmes traversant avec leurs enfants, un petit bébé dans les bras, et un autre un peu plus vieux à la main se précipitant de l’autre côté de la rue dans une fissure de la rampe de sécurité bétonnée. La route syrienne ce sont aussi ces picks up suzuki, affublés de toutes les couleurs et de posters de Bachar d’un charme phénoménal, qui peuvent transporter aussi bien des olives, des moutons, que la famille, les amis, les cousins à l’arrière assis à même le coffre ou bien sur des chaises de jardin comme dans un salon mais un peu plus aéré et moins stable…
La route syrienne, c’est un petit morceau d’humanité sur des grandes lignes droites d’asphalte. C’est une leçon de pragmatisme
qu’ils nous lancent et sans arrogance et de manière modeste. On y découvre la vraie Syrie, la Syrie rurale, celle qui sort de Damas et de sa torpeur. Damas, une des plus vielles villes
du monde, Damas, la polluée, Damas la vivante, Damas, l’éternelle qui jour après jour, est détruite par de mauvaises considérations politiques. La Syrie c’est un peu un monde à part, un monde si
dur au premier abord, si passionné dans ses rapports aux gens, que l’on ne peut qu’aimer mais il faut apprendre à la connaître et à l’aimer.
Voilà bientôt 5 mois que je suis en Syrie et je peux en quelque sorte dire ce qui m’a bloqué dans beaucoup de mes rapports avec la
Syrie et sa culture, peut-être celles d’un étudiant un peu trop naïf, un peu trop occidental dans sa manière de penser, qui a jugé trop vite du fait de sa vie à Damas, de ses visites dans
d’autres pays du Moyen-orient différents et plus occidentaux (Liban et Jordanie), une Syrie victime, des Syriens qui ont pourtant le cœur sur la main
et qui sont toujours prêts à aider "l'autre". Une bonne leçon de tolérance c’est sûr, une bonne leçon des relations humaines c’est certain.
Sur ces quelques modestes considérations de mon voyage, je vous souhaite sincèrement à tous, une très bonne année 2008, qu’elle
vous apporte encore plus que 2007 et encore plus que 2006. En espérant avoir de vos nouvelles prochainement…
Allah ysalmak
Voilà, c'était décidé, d'un coup de tête comme ça, Inès nous lança: "hé, la Jordanie ça vous tente?"... Moi, quand je suis venu en Syrie, c'était aussi pour voir autour de la Syrie et je ne
gardais que de très bon souvenirs de ce pays... le désert, les bédouins, Petra, la mer morte, Aqaba, voilà les souvenirs qui se mélangeait dans mon esprit, mêlant un doux parfum d'orient et
de révolte, à l'image de l'icone occidentale moderne, T.E Lawrence..
Cette fois, pas de périple désertique, plutôt un road-trip à travers le Nord et le Centre de la Jordanie... des étendues légérement en relief sur le mythique route du Roi qui descend d'Amman,
jusqu'à Aqaba, en passant par Kerak et puis par Petra...
Petra... le ville nabatéenne, aujourd'hui, inhabitée, ou presque, entre les siq et les caprices des roches et des strates qui s'élevent et nous laisse petit... Lorsqu'on l'on rentre dans Petra,
on sent encore l'effervescence qu'a pu connaître cette ville à l'époque de son apogée, à partir du VIème siècle avant JC, au carrefour du commerce du Moyen-Orient...
Après une longue marche dans le couloir rocheux, entre les deux parois de la montagne, une lumière, rosée, orangée, au bout, un temple, un tombeau, le Kazeh, symbole de Petra, une nouvelle fois,
un sentiment s'élève en moi, celui d'une grandiosité, celui de l'emerveillement face à ce que l'homme a pu scuplter dans la roche il y a des siècles de cela, avec ses propres moyens, ce que
l'homme est capable de faire avec si peu de choses et uniquement avec son esprit et son corps...
Je m'assoies devant cette arche, connue de tout le monde, et inconnue à la fois, parce que personne ne saurait la situer en Jordanie, en plein Moyen-Orient, dans une région torturée, mais qui a
eu son époque de gloire au temps du Croissant fertile et des premières civilisations...
Ma marche continue, le soleil tape fort en ce mois d'octobre, je ne m'imagine même pas, comment la chaleur doit anihilier toute volonté en plein coeur de l'été... à la sortie du Kazeh et d'un
nouveau corridor rocheux, le désert... des piliers, comme l'on pourrait en aperçevoir dans n'importe quel site gréco-romain, un amphithéâtre, un massif montagneux en face, de nouveau... Ce
n'était qu'une clairière entre les montagnes...
En haut, un seul objectif, le temple, sculpté lui aussi dans la montagne et les dont les marches pour y accéder sont immuables et sont quasiment comme une création naturelle. L'homme arrive à
s'adapter dans la nature, à la sculpter, et à la respecter...
Tout le long du chemin qui nous mène en haut, des bédouins, des femmes bédouines, du hénné sur les pieds et sur les mains, des méches blondes qui s'échappent de leur voile noir, les
protégeant du soleil et se lient à leur teint brun. L'homme bédouin est allongé sur un tapis, directement posé sur la roche, il tente de dormir à l'ombre, les mains sous la tete et "en chien de
fusil"....
Sa femme surveille et agiche, pour vendre des babioles, des roches de Petra, des kefieh, des bracelets, des colliers... Cigarette à la main, elle pose telle les représentations de femme libre que
nous nous faisons en Occident. Un sentiment de contraste, et de satisfaction: un nouveau pont entre nos soi-disants deux civilisations qui se réunissent ici dans la fumée de cigarette d'une
femme bédouine.
La liberté du désert et de ses habitants, son silence, sa quiétude, malgré sa violence. Je suis enfin là-haut, je regarde du haut d'un peit poste rocheux, le désert, le Wadi Araba, le massif
restant de Petra, et je suis seul, seul, malgré les autres touristes qui prennent des photos et commentent la beauté du paysage, brisant son silence et sa sérennité...
J'entends comme une douce musique, celle d'un oud, celle de bédouins, qui jouent dans leur tente... le mariage de la musique et du paysage est parfaite parce que la musique, provient de la nature
elle-même, c'est elle qui a poussé ces hommes du désert a joué de cet instrument et c'est elle qui les a poussé à adapter à ses propres contraintes, le son de cet instrument...
Le soleil se couche sur Petra, il est temps de partir, sous un ciel coloré, légérement rosé et orangé... Bizarre, comme la couleur de la roche... Comme chaque visite, juste un mot, juste une
phrase, juste s'obliger à ne pas oublier dans le monde actuel que c'est la nature qui nous a crée et qui nous a poussé à nous adapter, et non pas le contraire...
“ Il faut redonner la parole au peuple. Que le parlement ait à nouveau le pouvoir de contrôler l'état. Sans ce retour aux principes républicains, la Syrie restera ce qu'elle est aujourd'hui; un régime totalitaire, une République héréditaire.”
Riyad Turk, Chef du Parti communiste syrien
Je sais qu'en écrivant sur ce blog, je suis fondamentalement surveillé et tout discours, bien que je sois citoyen français et européen, peut être l'objet de poursuites. C'est pourquoi dans la description de cet évènement, je veux être le plus objectif possible, afin de vous en montrer les principales facettes et que vous compreniez l'heure des réformes en Syrie.
A la mort d'Hafez Al-Assad, le 13 juin 2000, son fils Bachar reprend les rênes du pouvoir et un espoir naît quant à l'émergence de nouvelles réformes d'ouverture démocratique. Bachar, en effet, formé en Occident où il a réalisé des études de médecine à Londres, ne pouvait laisser entrevoir qu'un espoir de libéralisation du régime.
C'est donc à partir de son élection à la tête de la présidence de la République Arabe Syrienne, que Bachar Al-Assad fit libérer des prisonniers politiques, laissant s'exprimer des forums de discussion, dans des muntadayat (appartements), évoquant le respect de la démocratie libérale et du droit des personnes. Le régime entame donc une libéralisation soudaine, qui va cependant se stopper net du fait de la situation extérieure, avec l'Intifada palestinienne, l'élection d'Ariel Sharon et les attentats du 11 septembre. Désormais la vielle garde reprend le dessus sur la jeunesse pleine d'espoir de Bachar Al-Assad pouvoir se présidentialie, s'opacifie, et les priorités sont revues au profit d'une unité souhaitée et d'autorités fortes capables de rassembler le peuple syrien durant les heures sombres.Depuis cette période, de nombreux opposants se sont retirés et le printemps de Damas ne fut qu'un printemps et l'été n'a pu voir le jour.
Toutefois, on pourrait aujourd'hui s'interroger sur les possibilités et les éventualités d'un nouveau printemps de Damas plus concluant. La jeunesse montante, nombreuse comme dans de nombreux pays émergents pourraient représenter cette volonté de changement dans le sens démocratique. Or la plupart de ces jeunes gens sont formés de la Maternelle au lycée par une idéologie précise: celle du parti Baath. Les canons de réussite occidentaux et capitalistes tels que l'argent, la réussite scolaire sont chez les jeunes syriens les seules priorités et la politique passe après. Aucune opposition n'existe vraiment et on parle plutôt pour reprendre une citation d'un ancien membre du PC syrien, M. TURK, d' »attitude oppositionnelle » car l'opposition n'arrive pas à fédérer et à faire évoluer son vocabulaire politique datant des années 70 pour sensibiliser cette jeunesse.
Cependant outre les facteurs d'acceptation du modèle de réussite libérale dans un régime plus présidentiel, donc en réalité un chemin inversé de la construction de nos démocraties occidentales, oubliant le stade de la libéralisation politique, mais aussi de la faillite d'une classe politique, d'autres enjeux sont à prendre en compte pour comprendre le blocage des réformes. En effet, l'aspect économique n'est pas non plus à négliger: l'ensemble des réformes économiques entreprises concernant la libéralisation du réseau bancaire n'ont pas eu les résultats éscomptés et n'ont pas dopé la croissance. Dans un pays souffrant de plus de 20% de chômage, l'investissement privé ne monte pas à plus de 1% de l'ensemble des investissements, ne permettant pas non plus une liébralisation économique du pays.
C'est pourquoi quoique fasse le régime sur son territoire, une nouvelle attitude oppositionnelle est née du fait même de la communication plus facile des idées par le biais des moyens de communication mondialisés: au Liban notamment. Des journaux tels que An Nahar interdits en Syrie et Al-Moulhaq, supplément culturel dirigé par Elias Khoury, intellectuel et écrivain représentent des supports intéressants pour déverser leurs critiques vis-à-vis du régime. Enfin, les syriens eux-mêmes s'adaptent en Syrie. Ainsi pour protester contre le siège de Jénine en 2002, un sit-in, rassemblant 5000 personnes a été organisé sans qu'aucun slogan ni affiche ne fasse des critiques envers le régime. L'organisation était telle que les seuls solgans étaient neutralisés par le régime en place grâce à de manifestants soutenant le régime. Donc les rassemblements, sont en quelque sorte autorisés, laissant tout de même très peu de place à une expression politique plus diverse.
Quoiqu'un régime tente de faire pour éteindre le libéralisme politique, même s'il s'en revendique, aujourd'hui dans un contexte de mondialisation des goûts, des idées, des pratiques, tout est connu, grâce à la circulation de l'information. Cependant cela peut être réinterprêté différemment et l'opposition elle-même doit compter avec cela pour jouer son rôle.
La seule option resterait pour un régime d'imposer ses idées en composant avec la mondialisation, en permettant une libéralisation des pratiques mais en bloquant le libéralisme politique. C'est à dire mettre grossièrement la charrue avant les boeufs, en donnant au peuple ce qu'il attend de la démocratie, c'est à dire une certaine liberté individuelle dans la consommation, avant une démocratie beaucoup plus collective, avec une liberté politique. Quel intérêt d'avoir une liberté politique lorsque l'on a les bénéfices de la liberté individuelle? Ou la question peut -être posée de tele manière que pourquoi s'interesser à la chose publique quand celle-ci ne s'ingère pas dans la chose privée et dans les besoins de consommation que les individus ont? Car je veux bien admettre que les convictions font partie de la chose privée mais quel besoin avons-nous de faire de la politique lorsque d'autres s'en occupent et satisfont nos besoins premiers, de manger, de boire et de consommer, comme en Occident et dans n'importe quel pays?
Source: Le printemps de Damas, de Judith Cahen, Le Monde diplomatique, novembre 2002.
Voila, après quelques semaines sans avoir rien écrit , je profite de cet article pour vous décrire cette fois-ci, ma viiste dans le Golan syrien et à la frontière israélienne, dans la région de
Quneytra.
Le Golan, dont le nom doit peut-être vous évoquer quelque chose est une région entre trois états, la Syrie, la Jordanie, et Israël ( surnommé Disneyland ici). C'est une région verte, avec
quelques forêts méditerranéennes, des vergers, un très grand réservoir d'eau (35% des réserves israéliennes en eau proviennent du Golan et principalement du Jourdain, ce fleuve qui prend
naissance sur ce plateau et s'éteint dans le Mer morte), de même le tiers de la production vinicole israélienne provient de cette région. Tout ça pour montrer que le Golan est avant
tout une région stratégique.
Passons désormais les détails géographiques, pour nous intéresser à son histoire. Plateau où des bergers druzes et alaouites faisaient pêtre leurs moutons, cette région fut identifiée par le
régime ottoman à l'époque de son empire, comme une région rebelle qu'il était nécessaire d'apaiser en faisant venir des communautés caucasiennes: les circassiens.
Ceux-ci, après l'empire ottoman et sous le mandat français émirent le volonté de créer un foyer national circassien à l'image du foyer national juif en Palestine... Ce foyer national fut refusé
par la France. Toutefois, après l'indépendance de la Syrie en 1946, après la création d'Israël et l'implantation des colonies, la Syrie occupa le plateau et alimentait la guerrilla contre les
colonies juives implantées dans les contreforts des vallées. de 1948 à 1967, la Syrie occupa dont ce territoire.
Cependant, sous pressions des nombreux fermiers de Galilée, Israël décida de conquérir le plateau aux syriens. Le combat fut bref et laissa une trace profonde dans l'égo national syrien comme la
guerre de 1967. En 1973, les Syriens, équipés par les soviétiques, décidèrent donc sous l'impulsion d'un nouveau dirigeant ambitieux, Hafez Al-Assad de reconquérir un territoire qui leur
appartenait jadis.
Après avoir conquis la majeure partie du Golan et laissant les troupes israéliennes en résistance acharnée, l'offensive s'estompa et les soldats de bases syriens, manquant d'initiative n'ont pu
aller plus loin que ce qui était prévu et la contre offensive israélienne se mit en place et avança jau Nord jusqu'à 40km environ de Damas... Heureusement, les troupes jordaniennes et irakiennes
intervinrent et stoppèrent la progression fulgurante israélienne...
Chacun revint donc à sa position d'avant 1973, et en 1981, Israël, malgré les condamnations de la communauté internationale et la résolution du Conseil de sécurité, occupé toujours une partie du
Golan syrien, de quoi alimenter un conflit depuis bientôt plus de 26 ans...
Alors vous me direz, pourquoi toute cette perspective historique, sortant totalement d'un carnet de voyage habituel, eh bien, tout simplement parce que il est important de comprendre que le
conflit israélo arabe ne recouvre pas seulement le conflit israélo palestinient mais notamment cette question qui concerne à la fois la Jordanie, Israël et la Syrie, qui du fait de la doctrine
baathiste (socialisme, nationalisme et panrabisme), se doit pour assurer sa légitimité de lutter contre toute intrusion extérieure et violation des droits du peuple syrien.
Bref, lors de cette visite, le plus saisissant fut à mes yeux cette frontière syro-israélienne, non pas au check point, mais sur un panorama d'un côté syrien de la montagne, où de l'autre côté,
du côté israélien, se trouvent un village syrien sous autorité israélienne. De cet endroit, les gens qui étaient séparés, se parlaient et criaient d'un côté de la montagne à l'autre pour prendre
des nouvelles de leur famille de l'autre côté. J'ai eu le même sentiment lors de la visite du Mur de Berlin mais je n'avais pas le même recul sur cette notion de frontière.
J m'explique, par là, j'entends toute séparation artificielle entre les hommes. Ce ne sont pas desfrontières géographiques mais purement politiques. Elles ne sont le résultat que de la pure
volonté des hommes, et des hommes en tant qu'individus, car l'intérêt de la frontière est de séparer, de créer une nouvelle dichotomie, permettant de rassembler d'un côté de la fronitère, pour ne
pas éparpiller le pouvoir, gardé entre les maisn d'une oligarchie. Dans l'absolu, la frontière n'est qu'un moyen de séparer les gens pour mieux les rassembler. Quel intérêt d'avoir telle ou telle
autorité sur ses épaules si on arrive à vivre ensemble?
La question qui peut être posée c'est surtout la tentative de comprendre pourquoi, le fait d'avoir chez l'être humain, quelqu'un sur son territoire l'entraîne à l'estimer comme un "autre" et
l'amène à se créer un "nous". je reviens donc à la même question dont j'espère trouver la réponse: quel intérêt d'avoir une identité qui se contruit face aux autres?
Je me pose en même temps la question en évoquant le conflit israélo-palestinien. Pourquoi ne pas avoir dès le début évoqué l'idée d'un état commun, avec des élus démocrratiquement arabes et juifs
et ne pas avoir cherché cette solution qui n'aurait pas forcément eu les mêmes conséquences...
Le cas libanais d'une république multiconfessionnelle n'infirme en rien mon raisonnement, car on aperçoit de graves problèmes multiconfessionnels dans la désignation d'un président chrétien, d'un
chef de gouver,ement sunnite et d'un président de parlement chiite. Quel besoin avons-nous de séparer les gens et de créer des cases où nous les metterions, les catégorisant et aboutissant non
plus à la recherche de compromis mais à des luttes perpétuelles?
Le village de Majd El Chams, village syrien en territoire israélien où la communication se faisait au son de la voix pour l'aure côté de la vallée. Il est souvent le lieu de protestation des Syriens contre l'occupation du Golan.
On raconte que Tackla, une sainte, disciple de Saint-Paul trouva refuge entre les montagnes de Maaloula pour fuir les romains et que le Djebel Qalamoun s'ouvrit créant une faille où un nouveau
village s'installa...
Maaloula, aujourd'hui est un petit village proche des villages troglodytes que l'on peut aperçevoir partout. Mais c'est surtout et avant tout l'un des endroits, où l'araméen, la langue que
parlait Jesus est encore pratiquée par les vieux, voire très vieux, habitants de Maaloula. Je vous le dit tout de suite: on entend pas l'araméen à tous les coins de rues. Cependant on sent dans
ce village une sorte d'atmosphère exceptionnelle, d'un village gardant fondamentalement son caractère chrétien en terre d'Islam.
A peine, levez vous les yeux vers le ciel, vous aperçevez déjà des croix, des vierges maries entre deux rues, entre deux maisons, entre deux goutières, entre deux cheminées. Sur le rocher,
une croix dessinée. En haut de la montagne , une vierge Marie. Une sorte de démonstration de sa foi à tous les coins de rue, comme s'ils sentaient le besoin de le montrer, comme si devant les
milliers de touristes qui affluent à Maaloula chaque année et devant chaque syrien, Maaloula était l'âme chrétienne de l'Anté-Liban, du Nord-Ouest de Damas, lui temple de l'islam.
Malgré le fait que la religion chrétienne soit en partie née en terre de Judée, pas si loin que ça de Maaloula, on sent une sorte de réponse à un islam qu'ils doivent ressentir présent et
qui malgré la tolérance de l'autre et de sa religion, les empêche de se construire une identité, un nous, un eux. "Je ne suis pas musulman mais chrétien et je veux le montrer car j'ai besoin
d'exister parmi ces hommes." J'éprouve le besoin d'être en dévoilant dans la sphère publique ce que je ressens dans la sphère privée. On prend le risque de s'afficher, d'être catalogué mais on en
a besoin pour être fier de nous même et guider notre propre vie.
Bref Maaloula est encore un site en Syrie qui ne paye pas de mine qui n'est pas aussi connu que Palmyre, Petra ou encore d'autres endroits bondés de touristes au Moyen-Orient mais qui laissent réfléchir une nouvelle fois, sur la foi, sur ce qui pousse tous ces gens à croire, à montrer ce qu'ils ressentent pour se construire. Qui a dit qu l'homme était rationnel?